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A Taïwan il est parlé deux langues de manière très courante : le mandarin (國語), plus couramment appelé « chinois » et qui est la langue officielle, et le taïwanais (台語), dérivé du Minnan (閩南語) parlé par plus de la moitié de la population. Pour information, il y a également une grosse communauté Hakka (客家) parlant également une langue du même nom (客家話), ainsi que les langues formosanes (parlé par les ethnies aborigènes de Taïwan et en voie d'extinction) mais nous nous concentrerons uniquement sur ces deux langues.

Si le chinois est justement « du chinois » pour vous, et que vous n'y connaissez rien ou très peu, vous êtes sur la bonne page pour mieux comprendre les autres articles. Pour les autres, peut-être déj sinophones, vous trouverez peut-être des choses intéressantes sur le taïwanais !

Le mandarin (國語)

Petites précisions

Il est important d'éclaircir tout de suite quelques points afin d'éviter toutes confusions. De part son statut officiel, le mandarin (dit standard) est très souvent assimilé « chinois », or il n'y a pas une langue chinoise, mais des langues chinoises dont le mandarin fait partie, au même titre que le taïwanais, le cantonnais, le hakka, etc. Toutefois, pour simplifier les choses et puisque le mandarin est la langue officielle en Chine, Taïwan, ainsi qu'aux cotés de trois autres langues Singapour et qui donc unis les peuples chinois, on octroie au mandarin le nom de « chinois ». Il en sera donc de même sur ce site.

Je précise également que le mandarin n'est pas non plus la « langue de Pékin ». Il existe une langue pékinoise, spécifique la région, qui bien qu'étant très proche du mandarin standard, reste assez distincte.

La langue orale

Le chinois est ce que l'on appelle une langue monosyllabique, ce qui veut dire que de manière basique, chaque syllabe prononcée est un mot différent, et que donc chaque syllabes de la langue possède une sémantique propre et se suffisent elles-même. Il n'y a que très peu de langues monosyllabiques, en dehors des langues chinoises il n'y a ma connaissance que le vietnamien.

Bien entendu, il existe des mots composés, parfois de plusieurs syllabes, dont la sémantique additionnée permet de former de nouveaux mots, ou d'obtenir un sens plus précis.

La langue orale utilise aussi un système de tons vocaliques. Ce sont donc des « tons », au nombre de quatre pour le mandarin (plus un ton doux), qui sont des variations tonales appliquées aux syllabes qui permettent un élargissement des quelques 250 syllabes distincts appartenant la langue. En effet, il serait bien difficile de se comprendre avec uniquement 250 mots différents, et les tons permettent d'élargir les prononciations de bases.

La langue écrite

La langue écrite utilise les fameux caractères. Il se doit d'être précisé une seconde chose ici : on parle bien de « caractères » ou de « sinogrammes » et non de « signes » ou tout autres appellations erronées ! On compte six types de caractères :

  • les pictogrammes, qui sont des représentations concrètes de leur sémantique ;
  • les idéogrammes simples, qui sont eux des représentations abstraites, toutefois assez explicites et toujours direct ;
  • les idéogrammes composés, qui sont eux composées d'autres caractères sémantique distincte (pictogrammes ou non), et additionnant le sens de ceux-ci pour en former un nouveau ;
  • les idéo-phonogrammes, qui utilisent le même processus de composition que les idéogrammes composés, mais cette fois-ci additionnant des caractères soit pour leur sémantique, soit pour leur phonétique ;
  • les emprunts, qui sont des caractères dont le sens originel été remplacé par un autre ;
  • les défléchis, qui sont des caractères dont le sens a dérivé au fur et mesure.

La composition des caractères se fait l'aide de vingt-quatre traits dits « fondamentaux », qui ensembles forment des sinogrammes. Chaque caractères est associé une syllabe, et donc chaque caractère est un mot, et s'il n'y a qu'environ 250 phonétiques différentes, il existe des dizaine de milliers de caractères différents. Aussi, un caractère est toujours inscrit l'intérieur d'un carré imaginaire, un caractères allongé dans un sens ou dans un autre est un caractère mal écrit !

Pour en finir sur l'écriture, il faut savoir que les caractères ont été et sont toujours utilisés ailleurs que dans le monde chinois. Le vietnamien a d'abord été écrit avec les caractères chinois avant d'adopter l'alphabet latin, le coréen a également longtemps utilisé les sinogrammes avant qu'ils ne soient remplacé par leur propre système (néanmoins ils sont toujours utilisés et reviennent la mode, et sont appelés « hanja »), et puis le Japon, qui est le seul autre pays dans lequel on utilise les sinogrammes quotidiennement sous le nom de « kanji », bien que couplé deux autres alphabets typiquement japonais.

Enfin, un mot rapide sur la grammaire. La grammaire chinoise est des plus simple, chaque mot est invariable, ne s'accordent ni en genre, ni en nombre, et il n'y a pas de conjugaisons. La langue utilise toutefois des particules, le plus souvent situées en fin de phrase, qui permettent de modifier le mode ou le ton de la phrase.

Le taïwanais (台語)

Le taïwanais fait partie du groupe Minnan (閩南語), langue médiévale parlée en Chine continentale dans la province du Fujian ainsi que dans une partie de la province du Guangdong et dans le Hainan. La langue taïwanaise diffère beaucoup du mandarin, même si les deux partagent une grammaire proche (ce qui est le cas de toutes les langues chinoises). Le taïwanais est très répandu Taïwan où les deux-tiers de la population le parle couramment, et est compris mais non parlé par une autre partie. Il existe aussi une part de la population qui parle le taïwanais, mais pas le chinois.

Le taïwanais est ici une langue quotidienne. Si l'on parle mandarin l'école, dans les journaux TV, au travail, etc., on parle très souvent taïwanais en famille, ou avec les amis. Longtemps déprécié par le gouvernement, jugeant la langue trop « pauvre » pour être importante, elle dispose aujourd'hui du soutien de celui-ci, et de plus en plus on enseigne les bases de la langue dans les écoles. Néanmoins, certains parents refusent de transmettre la langue leurs enfants, estimant plus important d'apprendre l'anglais (par exemple) plutôt que le taïwanais.

La langue s'est différenciée des autres dialectes Minnan de Chine continentale, notamment par l'absence de relations pendant environ cinquante années, mais aussi par quelques emprunt au japonais (concernant les mots « modernes »), qui a influencé les langues pratiquées Taïwan. Sur l'île même on distingue plusieurs types de taïwanais, notamment entre le Sud, le Centre, le Nord et la côte Nord.

Les discordes propos du taïwanais oral

La langue est très différente du mandarin au niveau de la sonorité, même si on retrouve des mots très proches. Le taïwanais est plus difficile apprendre car il dispose de bien plus de tons que le mandarin, et l on commence entrer dans les sujets où personne n'est d'accord !

En effet, selon les personnes qui ont pose la question de savoir le nombre de tons dans le taïwanais, on est souvent surpris par les réponses qui changent sans cesse. Six, sept, huit ou neuf, voir quelques fois dix, il y a discorde ! En ce qui me concerne (et j'apprends doucement la langue), j'en compte neuf plus le ton doux, on supposera donc qu'il y en a neuf plus le ton doux sur le site (je suis le chef après tout !). Je précise également que la différence de décompte provient parfois de l'opposition Nord / Sud, puisque le taïwanais parlé Taipei utilise un ton de moins.

En dehors de ce désaccord chronique, la langue subit également un sandhi tonale, tout comme le mandarin. Mais si le sandhi de ce dernier est simple, puisqu'il n'y a qu'une modification possible, elle est beaucoup plus complexe dans le taïwanais. Effectivement, presque tout les tons se modifient les uns les autres, si bien que tout les mots d'une phrase pourrait être affublés de tons différents que lorsque pris seuls. Je ne connais pas la règle, et je doute qu'elle soit connu par la plupart des natifs, il serait un peu difficile d'apprendre une règle concernant quelque chose dont le décompte est assez flou.

Les discordes propos du taïwanais écrit

Viens ensuite la grande discorde concernant deux questions : le taïwanais peut-il être écrit ? Comment ? Encore une fois je m'octroie tout les droits la décision, et je vais mettre les choses au point : oui, le taïwanais peut être écrit, et il peut l'être avec des sinogrammes, un bopomofo étendu, ou bien encore un alphabet latin.

Il peut être écrit avec des sinogrammes, mais pour cela il existe deux écoles. Il y a ceux qui utilisent les caractères dont la prononciation en mandarin est la plus proche du taïwanais, bien que la sémantique soi totalement différente. Ce type de transcription est utilisé par la plus grande masse, qui n'a aucun besoin d'écrire ou de lire en taïwanais, et qui en fait ignore cette possibilité, et qui juste insère du vocabulaire taïwanais dans le mandarin (très fréquent). Puis il y a ceux qui utilisent les sinogrammes l'instar de ce qui est fait avec le cantonnais.

La transcription se fait par sémantique, avec usage sporadique de caractères différents, voir inutilisés en mandarin, pour satisfaire les différences grammaticales ou pour se rapprocher de la prononciation taïwanais. Le nom de cette « langue écrite » en chinois est « 台語文 ». Les phrases ainsi composé peuvent donc être partiellement ou totalement intelligible pour qui ne parle pas taïwanais mais au moins mandarin. Par contre, ce type d'écrit souffre de toute forme d'étude et d'élaboration, contrairement au cantonnais pour lequel beaucoup de recherches ont été faites pour réintégrer des caractères oubliés depuis longtemps par le mandarin.

Ensuite il y a l'usage du bopomofo, légèrement élargi pour les quelques sonorités inexistantes en chinois, et pour les nasales. Bien que des traces de taïwanais transcrit via un bopomofo étendu, c'est la forme la plus rare et la plus méconnue.

Enfin, il y'a les transcriptions utilisant l'alphabet latin. C'est la première transcription qui ai existé, élaborée par les Européens qui ont colonisé l'île et déporté des paysans chinois du continent vers Taïwan, afin de permettre l'écrit et donc l'éducation. L encore il existe plusieurs transcriptions. L'officiel, si l'on peut dire, est le « Pe̍h-ōe-jī », abrégé en POJ. Toutefois, bien que les transcriptions en POJ soient prédominantes (il existe beaucoup d'ouvrage en taïwanais l'utilisant, et est même utilisable sur Wikipédia), il semblerait que pour les quelques rares Taïwanais utilisant un alphabet latin ce soit le DT (台通用拼音) qui prenne l'avantage. En ce qui me concerne, j'utilise le DT, qui me paraît plus naturel que le Pe̍h-ōe-jī, plus propre et proche que le POJ.

Et pour finir les présentations, je rajoute une dernière information concernant les transcription : il a également été utilisé les hiragana japonais pour transcrire le taïwanais. Bien évidemment, ce sont surtout les japonais qui s'en servait, mais il existe tout de même des dictionnaire japonais / taïwanais utilisant les hiragana en lieu et place du bopomo.