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I-am-not-Brian !

Tiens, l'île a bougé est s'est retrouvé en Amérique ? Dieu merci, non ! J'ai plutôt tendance à encenser Taïwan et ses habitants, parfois trop, et pourtant il y a tout de même des choses qui m'exaspèrent au plus haut point. Enfin, en dehors des fous du volant (ou guidon), il n'y a qu'une seule chose qui m'énerve réellement (et une seconde, mais plus ponctuelle).

Américain ! Américain ! Est-ce que j'ai une gueule d'américain ?

Je commence à froncer des sourcils… Je suis quotidiennement blessé, que dis-je, ASSASSINÉ ! Ma dignité est souillée et mes racines déterrées à coups de pioche, je suis violé dans ma propre estime. Ok, disons que j'exagère un peu (un peu), mais comment les gens peuvent-ils directement coller une étiquette ? L'Occident c'est les USA et rien d'autres ? Parce que oui, si la plupart du temps ils se contentent de demander si on est Américain, ou bien de lancer leurs « hiii » surfaits, certains vont carrément dire avec un large sourire « J'aimerais beaucoup visiter votre pays… l'Amérique ! »

Apparemment il est inconcevable pour certains que l'on soit malheureusement autre chose qu'américain, et encore moins que cela puisse être plus ou moins blessant, vexant. Dans notre pauvre pays, la France, on esy tout de même éduqués, donc on tente d'expliquer à quelques interlocuteurs que l'on peut me demander d'où l'on vient, mais pas si on est bien Américain comme s'ils voulaient juste qu'on cnofirme. Et d'un sourire que je soupçonne d'être provocateur, ils rétorquent « Oui mais on ne peut pas savoir. Il ne faut pas mal le prendre… » Ah bon ? Et si, et si…

…et si on essayait de surenchérir : « Ah, c'est vrai qu'on se ressemble tous pour vous… les Chinois ! » La bombe est lâchée, et il est tout de suite moins question de compréhension pour les uns face à la maladresse des autre. Oui, parce que les Taïwanais NE SONT PAS Chinois, non, ils sont Taïwanais et rien d'autres. Les Chinois c'est même pas des cousins, c'est juste la masse grouillante de personne stupides vivant de l'autre coté du détroit, c'est juste ceux qui veulent voler leur île chérie : iriez-vous demander à un Français s'il est Belge ? Que nenni !

« Vive la culture américaine ! »

On ne peut évidemment pas lancer une joute verbale à chaque fois, alors on subit, on gobe du Prozac, on se remet en question (suis-je habillé comme un sac ? Suis-je obèse ? Ais-je un chewing-gum dans la bouche qui est pourtant vide ? Est-ce que je sais où est le Pérou sans y avoir fait de guerre ?). Alors on se venge de manière vil et sournoise, les Américains n'ont rien demandé (enfin…), mais on les ridiculise dès que la perche est tendue. Comme avec le professeur, qui lors d'une discussion à deux sur les pertes de tradition au profit de « l'américanisation », profère soudainement : « Mais la culture américaine est très bien. » Hein ? La… ? La quoi !? Et puis en plus elle ne prévient pas, et ne s'est pas rendu compte qu'elle a failli commettre un homicide involontaire…

Parce que oui, vu d'ici l'Amérique c'est beau, c'est la réussite, c'est les gens biens, c'est la liberté, c'est le modèle à suivre, etc. À vrai dire, seul le Japon parvient à rivaliser avec la grandiose Amérique.

Vous les Français…

Là c'est le pompon, le coup de pelle sur le petit orteil, le gâteau sur la cerise. Qu'est-ce qu'un Français pour les Taïwanais ? Avant tout, ce sont des gens romantiques… C'est pas si mal, romantique, on peut même en être fier. Mais pas si vite ! On ne parle pas des romantiques amoureux, passionnés et sensibles, nan, eux parlent de coureurs de jupons, de croqueuses d'homme, d'infidélité, d'aventures sans lendemain, d'engagements impensables et logiquement de divorce quotidien !

D'abords pauvres innocents, on est heureux de se voir attribuer ce qualificatif, romantique, puis une fois qu'on a saisi l'idée qui se cache derrière le mot, on s'empresse de rétorquer « Quoi ? Romantique ? Ah nooon ouh là là , c'est chez les Italiens et les Espagnols ça ! ».

Puis vient le Français fainéant… J'y ai longtemps cru également, et pourtant non : nous ne sommes pas fainéants ! Allez leur dire à ces énergumènes pour qui être malade une demi-journée est une tragédie sans nom, à faire la queue devant la salle des injections pour pouvoir se remettre aussi vite que possible d'une simple crève… Au fond c'est surtout le contraste et l'éloignement qui alimentent ces a priori. Beaucoup de Taïwanais travaillent bien plus que notre moyenne nationale, mais pas nécessairement mieux ou du moins aussi activement. C'est aussi dans la mentalité locale, qui fait du travail et des études la chose la plus importante. On ne peut pas dire que les Français soient fainéants, en réalité nous sommes les plus productifs après les Américains, on peut tout juste dire que chacun à ses propres perceptions et aspirations…


PS : Précisons que cet article n'est pas l'outil de propagande insidieuse d'un anti-américain primaire. C'est plutôt la parole d'un chauvin atterré par l'image magnifiée des cousins américains que l'on peut avoir ailleurs, poignardé dans son amour propre…

Commentaires

Commentaires ecrits

Le Lundi 13 Avril 2009 à 09h51, Mama a ecrit :

ou la la ou tu l'as trouvé cet article, ou du moins qui t'a énervé à se point? car franchement tu l'as sorti de tes tripes celui-là quelle belle diatribe, et tu as raison Brian est un prénom qui ne t'irai pas du tout

Le Vendredi 17 Avril 2009 à 13h18, Shirraz a ecrit :

Je ne suis pas tellement énervé, c'est tout de même exagéré. Mais j'avoue que c'est parfois lourd…

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